Couleurs vives et histoires captivantes, les dessins animés ont tendance à fasciner les plus petits et y avoir recours peut être tentant pour les parents. Mais à quel âge commencer ? Les professionnel·le·s de santé sont catégoriques : les écrans, ce n’est pas avant 3 ans et leur découverte doit ensuite être accompagnée par les parents.
Dessins animés et enfant : on fait le point.
À partir de quel âge les enfants peuvent-ils regarder des dessins animés ?
Pour répondre à cette question, une règle simple est généralement citée, celle du psychiatre Serge Tisseron, énoncée dès 2008. Il s’agit de la règle des 3-6-9-12 :
- pas d’écrans avant 3 ans,
- pas de console avant 6 ans,
- pas d’utilisation d’Internet sans accompagnement avant 9 ans,
- pas de réseaux sociaux avant 12 ans.
Il est important d’être vigilant sur l’utilisation des écrans à tous les âges et d’envisager un contrôle parental pour accompagner votre enfant lorsqu’il débutera son adolescence.
Les dernières recommandations françaises vont dans ce sens, en interdisant l’usage des écrans avant 3 ans dans les lieux d’accueil.
Aujourd’hui, accompagner ses enfants dans l’univers numérique est devenu une composante essentielle du rôle parental. Dans un quotidien envahi par les écrans sous toutes leurs formes, relever ce défi n’a rien d’anodin.
On sait bien que faire découvrir à votre enfant la magie des écrans est tentant ! Mais, avant ses 3 ans, l’enfant traverse une période clé de son développement cognitif. Une période durant laquelle il met en place tous ses repères et comprend le monde qui l’entoure grâce aux différentes interactions qu’il a avec les personnes qui interviennent dans son quotidien.
Alors, c’est évidemment parfois plus facile à dire qu’à faire mais la recommandation est bien d’éviter les écrans avant ses 3 ans puis de les introduire de façon encadrée. Ils ne doivent jamais remplacer votre présence, surtout lorsque votre enfant pleure, cherche du réconfort ou de l’attention.
Aussi, les jeux de manipulation 3D et de cause à effet (je tape, ça tombe) sont très appréciés à cet âge et très importants. En effet, la manipulation et l’observation (en plus d’être un jeu) lui permettent de découvrir son environnement. Avec l’apprentissage de la relation de cause à effet, votre enfant prend conscience de ses actes et donc de sa place dans son environnement : une étape essentielle à son développement. Or les écrans ne répondent pas à ces besoins.
Grâce à l’application May vous avez accès à de nombreux contenus personnalisés en fonction de l’âge de votre enfant et la possibilité de poser toutes vos questions aux professionnels de santé via le tchat 7j/ 7 de 8h à 22h.

Quels sont les avantages et inconvénients des dessins animés pour le développement de l’enfant ?
Si la recommandation “pas d’écrans avant 3 ans” existe, c’est que l’exposition aux écrans pourrait entraîner un certain nombre d’effets négatifs :
- Des troubles de l’attention et de la concentration : les écrans font appel à l’attention involontaire de l’enfant, ce qui l’empêche d’utiliser son attention volontaire (celle qui le pousse à réfléchir pour faire interagir les objets entre eux par exemple).
- Une attitude passive : l’enfant prend l’habitude de voir les choses bouger toute seule et peut être moins proactif, par exemple dans ses jeux.
- Des perturbations de son sommeil : il peut avoir du mal à s’endormir à cause des lumières bleues émises par les écrans (qui suspendent la sécrétion de mélatonine, l’hormone du sommeil) et cela peut également avoir un impact sur la qualité de son sommeil.
- Des habitudes trop sédentaires : il passe des journées où il ne se dépense pas suffisamment.
- Des difficultés de communication et de langage : les enfants acquièrent les premières bases du langage grâce aux interactions qu’ils ont avec les adultes et les autres enfants. Or, un écran ne répondra évidemment pas à ses tentatives d’interactions (mimique, babillage…), ce qui pourrait le décourager.
Cela étant dit, bien utilisés, les dessins animés peuvent être un divertissement intéressant surtout s’il est partagé.
Bien sélectionnés, les dessins animés peuvent en effet être une façon ludique d’éveiller leur curiosité enfantine et de les aider dans leurs apprentissages : compter, associer un nom à un objet, identifier et parler de ses émotions, reconnaître les différents moments d’une journée (le matin, le midi et le soir), éveil artistique, etc.
Il existe également de nombreux dessins animés qui mettent en scène des héros et héroïnes avec une morale positive : en les voyant à l’écran, les enfants peuvent s’inspirer de leurs bonnes actions et même tenter de les reproduire.
C’est une très bonne façon pour votre enfant d’améliorer de lui-même son comportement et d’apprendre à son rythme certaines valeurs familiales, le sens de l’amitié, de l’entraide ou de la générosité. D’où l’importance qu’il soit en âge de comprendre les enjeux mis en avant dans les programmes qu’il regarde.
C’est pour cela qu’il est conseillé d’accompagner l’utilisation des écrans, en restant à côté de votre enfant et en commentant et discutant de ce qu’il se passe pour lui faire adopter une attitude active face au dessin animé.
Pour aller plus loin, découvrez l’étude réalisée par May sur l’exposition des moins de 3 ans aux écrans auprès de 1442 parents abonnés à May.

Quels sont les meilleurs dessins animés pour les enfants en fonction de leur âge ?
Comme nous le disions avant 3 ans, aucun dessin animé n’est adapté !
À partir de 3 ans, il convient de choisir des contenus adaptés aux capacités de votre enfant.
Un dessin animé adapté à un jeune enfant, c’est un dessin animé qu’il peut comprendre et dans lequel il pourra se projeter. Pour l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), un programme adapté aux enfants entre 3 et 8 ans est un programme qui met en scène des personnages jeunes, des thématiques qui touchent votre enfant et un langage compréhensible.
L’histoire doit donc être simple, avec peu d’actions et de personnages, pour que votre enfant puisse bien comprendre tout ce qu’il se passe. Privilégiez également les dessins animés en 2D (la 3D étant trop stimulante), avec une musique ni trop forte, ni trop rapide (par exemple, Pat’ Patrouille a tendance à donner un peu trop d’énergie aux plus jeunes).
La petite astuce : si vous optez pour un dessin animé sur une plateforme de streaming comme Netflix, une fonction vous permet de diminuer la vitesse de l’image à 0,75. Idéal pour votre enfant.
Concernant les personnages : demandez-vous d’abord si votre enfant peut s’identifier et se reconnaître en lui. Est-ce que le héros va à l’école ? Est-ce qu’il apprend à se faire des amis ? Est-ce qu’il aime jouer dehors ? Est-ce qu’il est timide ? Plus les personnages de l’histoire ont de points communs avec lui ou avec les personnes de son entourage et plus votre enfant s’y attachera et pourra en tirer des enseignements intéressants pour sa vie quotidienne.
N’hésitez pas à commenter régulièrement les scènes pour l’aider à décrypter l’image et les dialogues. Également, privilégiez des épisodes courts de maximum 10 minutes au départ, car votre enfant aura souvent besoin de le regarder plusieurs fois pour bien comprendre.
L’Arcom conseille également de bien veiller au confort visuel et auditif de votre enfant : il ne doit pas être trop proche de l’écran et le volume sonore ne doit pas être trop élevé. En cas de doute sur un dessin animé, n’hésitez pas à le visionner avant de le montrer à votre enfant.
De nombreux dessins animés sont justement conçus dans cette optique, afin de favoriser le développement cognitif des enfants appartenant à la tranche d’âge visée. Ce sont ces dessins animés qu’il faut privilégier ! N’hésitez donc pas à vérifier le public visé pour chaque dessin animé que vous souhaitez proposer à votre enfant.
Enfin, nous vous rappelons cependant qu’aucun dessin animé ne saura remplacer l’éveil relationnel et cognitif qui sera fait grâce à des échanges avec d’autres humains et grâce à la manipulation de vrais objets.

Les meilleurs dessins animés pour un enfant entre 3 et 6 ans
Nous vous avons préparé une petite sélection. Et, si vous ne trouvez pas votre bonheur, on vous laisse faire vos recherches sur le site « Quels films pour nos enfants ? ». Grâce aux filtres disponibles, vous pouvez faire le tri en fonction de l’âge de votre enfant, de ses goûts, thèmes et univers de prédilection.
Mouk
Mouk est un dessin animé, créé à partir du livre de Marc Boutavant, qui raconte les aventures de Mouk et Chavapa qui font le tour du monde à vélo. Idéal pour faire découvrir la géographie et la diversité à votre enfant. Tous les épisodes sont disponibles sur YouTube, en compilations ou épisodes par épisodes sur la chaîne Mouk en Français | Officiel (HD). On vous laisse découvrir l’un des épisodes.
Octonauts
Pour des aventures sous-marines pleines de rebondissements, direction la chaîne d’Octonauts Français, sur YouTube. Cette équipe d’aventuriers explore les océans dans leur vaisseau en forme de pieuvre et sauve les créatures qui y vivent. Une belle façon de sensibiliser votre enfant à la protection des océans.
Bluey
Votre enfant rêve d’avoir un chien ? Pourquoi ne pas lui proposer les aventures de ce Bouvier australien plein d’énergie et de ses amis ? On vous laisse découvrir tout ça sur la chaîne YouTube de Bluey – Français Chaîne Officielle.
Quelle est la durée recommandée pour que les enfants regardent des dessins animés ?
Pour les enfants entre 3 et 8 ans, l’Arcom recommande des sessions de visionnage courtes et pas plus de 30 à 40 minutes par jour. Mais rien qu’une session de 10 minutes représente déjà un effort de concentration intense à cet âge.

Comment limiter le temps d’écran tout en permettant à mon enfant de regarder des dessins animés ?
Voici nos meilleurs conseils pour une utilisation raisonnée des écrans :
- Rassembler tous les écrans de la maison dans une pièce de vie commune et, surtout, les bannir de la chambre de votre enfant.
- Les dessins animés ou les jeux sur la tablette doivent être un moment de partage, un moment de joie et de découvertes, de divertissement familial. Ils ne doivent pas servir de prétexte pour s’isoler.
- Il est recommandé d’interdire les écrans à table (téléphone, télévision…) car ils auraient tendance à couper les interactions.
- Mettre en place des horaires clairs et annoncés à l’avance concernant l’utilisation des écrans, une durée limitée grâce à un timer ou à des jetons.
- Si possible, il faut faire en sorte d’éteindre les écrans 2h avant le coucher et de ne pas les allumer dès le réveil ou pour calmer systématiquement votre enfant.
- Servir d’exemple : votre enfant agit par mimétisme, s’il vous voit poser votre tablette ou couper le son de la télévision lorsqu’il vous parle, il prendra alors la même habitude.
Bon à savoir : une autre façon de limiter le temps d’écran de votre enfant est d’essayer de lui donner le goût de la lecture ! Véritable moteur de l’imaginaire, le livre capte durablement son attention et nourrit sa curiosité. Cette activité peut se vivre seul ou à plusieurs mais votre présence enrichit fortement l’expérience, notamment lors des premières lectures. De nombreux conseils lecture sont disponibles sur l’application May.

Dessins animés : gérer les crises de votre enfant quand vous lui dites “non”
Dans la pratique, les dessins animés restent un outil plutôt pratique pour occuper votre enfant. Si vous souhaitez diminuer son temps d’écran, vous pourriez rencontrer un refus de sa part.
Face à une crise, il est essentiel d’identifier la frustration. Dans tous les cas, reconnaître et verbaliser l’émotion aide l’enfant à se sentir compris : nommer sa déception ou sa colère est déjà apaisant. Si la limite doit être maintenue, il est important de rester ferme tout en expliquant calmement. La diversion, l’imaginaire ou une petite mission peuvent parfois éviter l’escalade. Votre présence calme et un câlin peuvent aussi apaiser la situation.
Vous l’aurez compris, les écrans ne sont pas un sujet simple pour les parents. L’idéal est d’attendre au moins les 3 ans de l’enfant avant de lui proposer des écrans, puis de miser sur l’accompagnement. Si vous avez des questions à ce sujet, n’hésitez pas à consulter votre pédiatre.
Crédit photo : Bernard Bodo | Rawpixel | YuriArcursPeopleimages | monkeybusiness | Pressmaster | PhotoVolcano