Ce lundi 19 janvier 2026 : c’est le “Blue Monday”, autrement dit le jour qui serait le plus déprimant de l’année. Enceinte, vous êtes déjà sujette à d’importants remaniements psychiques et bouleversements hormonaux, alors comment faire face à cette période particulièrement sensible de l’hiver ? Sur quoi se base le Blue Monday ?
“Blue Monday” enceinte : on vous dit tout.
Qu’est-ce que le “Blue Monday”?
Le “Blue Monday”, ou en français le “lundi bleu”, est considéré comme le jour le plus déprimant de l’année. Cette expression vient initialement de l’expression anglaise “to feel blue” qui signifie “se sentir déprimé”. À l’origine, ce serait un anglais, le docteur et psychologue Cliff Arnall, en 2005, qui aurait établi une formule permettant de définir le jour le plus susceptible d’être déprimant dans l’année.
Pour ce faire, il aurait associé différents facteurs comme la luminosité, la météo, la période de l’année… Mais il s’avère que cette formule ne serait finalement que le fruit d’une stratégie marketing pour inciter à consommer plus !
Même si cette journée s’avère finalement purement marketing, il est vrai que cette période de l’année peut être plus difficile moralement. Il y a plusieurs raisons qui expliquent cela. Les journées sont globalement courtes, même si depuis le 21 décembre elles rallongent. Nous sommes en plein hiver depuis déjà plusieurs semaines.
C’est aussi une période post-fêtes de fin d’année, toute l’euphorie et la bonne humeur des évènements redescendent. Les différentes dépenses des fêtes impactent peut-être vos finances de début d’année.

La grossesse : un remaniement psychique important
La période de la grossesse est régie par un profond remaniement psychique. Être enceinte entraîne de nombreux changements dans votre vie, qu’ils soient psychiques ou corporels.
Les différents remaniements psychiques qui peuvent vous affecter durant la grossesse sont engendrés par différents facteurs comme :
- les changements hormonaux,
- une métamorphose de votre corps,
- une évolution de votre sexualité,
- le passage du statut de conjoint à parent,
- un bouleversement des places au sein de votre famille.
Ces troubles psychiques et hormonaux fréquents pendant la grossesse peuvent vous amener à ressentir de l’anxiété, de la tristesse ou encore de la fatigue. Par effet domino, cela peut également entraîner des tensions au sein de votre couple, parfois des insomnies ou encore une perte d’appétit. Vous pouvez être submergée de multiples sentiments comme la tristesse, la lassitude, la joie, la fatigue, la douleur ou même la sérénité, en plein “Blue Monday” ou non !
Ces variations émotionnelles sont normales et ne signifient pas nécessairement la présence de troubles mentaux ou d’une pathologie psychologique. Si vous avez une baisse de tonus, souvent habituelle pendant la grossesse, il n’est pas nécessaire de consulter. Dans tous les cas, cette période est transitoire et ne doit pas vous alarmer outre mesure car il est tout à fait naturel et participe au travail de construction identitaire.
Toutefois si vous en ressentez le besoin, n’hésitez pas à en parler, trouver du réconfort auprès d’un proche ou d’un·e professionnel·le.
Sur l’application May, vous pouvez suivre chaque étape de votre grossesse et l’ensemble de vos rendez-vous médicaux grâce à un calendrier personnalisé. Vous y trouverez également de nombreux contenus (articles, fiches pratiques, masterclasses) pour vous accompagner à chaque trimestre.
Les signes d’une dépression pendant la grossesse
La dépression quant à elle, est une pathologie, donc une maladie et peut vous toucher pendant la grossesse. La médiatisation du “Blue Monday” peut parfois banaliser la dépression, en laissant croire qu’il s’agit d’un simple passage à vide généralisé lié à l’hiver par exemple. Or, la dépression est une maladie qui ne doit jamais être minimisée, en particulier chez les femmes enceintes ou en post-partum.
Elle se distingue clairement d’un simple coup de blues par son intensité, sa durée et son impact sur le quotidien. Certains signes lorsqu’ils persistent dans le temps peuvent vous alerter :
- des idées noires et des pensées négatives fréquentes,
- un poids qui change aléatoirement et de façon importante,
- une grande fatigue,
- des antécédents personnels ou familiaux de dépression,
- une perte de plaisir.
Si vous vous reconnaissez dans ce cas, nous vous conseillons de consulter un·e professionnel·le de santé.
Le mot de Romuald Jean-Dit-Pannel, psychologue, pour les co-parents :
“Lorsque l’on parle de dépression attention de ne pas la confondre avec la dépressivité qui est la tristesse parfois nécessaire liée à cette période.
Le rôle du co-parent peut se trouver ici : repérer des signes d’une tristesse normale versus une dépression qui débute ou/et s’installe chez sa compagne enceinte. Pour repérer cela, il est nécessaire d’être en accord avec soi-même et ses propres affects. Votre santé mentale à tous les deux est donc plus que jamais primordiale.”

“Blue Monday”, baby blues et dépression post-partum
Si la grossesse est une période de profonds bouleversements psychiques, le post-partum l’est tout autant. “Blue Monday” ou non, après l’accouchement, il est possible de traverser une phase émotionnelle intense, liée à la rencontre avec votre nouveau-né, à une fatigue physique majeure et à une chute hormonale brutale. Ce phénomène se nomme le baby blues.
Le baby blues est un épisode fréquent et sans gravité, qui touche une grande majorité des jeunes mères dans les premiers jours suivant la naissance. Il se manifeste par une grande sensibilité émotionnelle, des pleurs faciles, de l’anxiété ou une sensation de débordement. Cet état est transitoire et disparaît spontanément en quelques jours jusqu’à deux semaines, avec du repos, du soutien et beaucoup de bienveillance.
La dépression post-partum, en revanche, est une pathologie qui peut apparaître dans les semaines ou les mois suivant l’accouchement. Elle se caractérise par une tristesse persistante, une perte de plaisir, une grande fatigue, un sentiment de culpabilité, une dévalorisation de soi et parfois une anxiété intense centrée sur le bébé.
Elle n’est ni rare, ni un signe de faiblesse, et surtout, elle n’est jamais de votre faute. Si ces symptômes s’installent ou s’intensifient, il est essentiel de consulter rapidement un·e professionnel·le de santé. Être accompagnée permet de se soigner et de traverser cette période difficile en toute sécurité, pour vous comme pour votre enfant.
Santé mentale enceinte : demander de l’aide en cas de difficultés
Les psychologues peuvent vous aider et vous accompagner. Ils sont à l’écoute de vos inquiétudes et peuvent vous conseiller, vous guider dans votre grossesse et les différents bouleversements que vous vivez. Ils peuvent vous soutenir sans jugement sur toutes les épreuves que vous traversez lors de thérapie à court ou long terme.
Enfin, il est possible d’avoir recours à une prise en charge plus spécialisée et adaptée, avec un traitement médicamenteux ou une médecine complémentaire telle que l’hypnose ou l’ostéopathie.

”Blue Monday” : quelles solutions contre la déprime ?
Dans le cas d’une déprime passagère (lors du “Blue Monday” ou non !) voici quelques astuces qui peuvent vous aider à passer une meilleure journée :
- Pensez à vous exposer à la lumière : vous pouvez avoir recours à la luminothérapie afin d’influencer votre production de sérotonine (traitement médical pour remédier aux troubles du cycle circadien en exposant les yeux à une lumière quasi de même intensité et spectre que la lumière solaire). Mais si vous avez la chance d’avoir du soleil là où vous vous trouvez, le bénéfice pourra alors être le même. N’hésitez pas à vous mettre en mouvement : marcher, faire du sport favorise votre bien-être mental !
- Vous pouvez faire des activités qui vous font du bien : prendre un bain, faire une séance de méditation, manger un plat qui vous fait plaisir… Ce qui vous correspond le plus.
- Essayez de vous entourer, de ne pas rester isolée.
Nous vous conseillons de consulter si jamais des tensions et des difficultés persistent pendant votre grossesse :
- Si vous avez des inquiétudes sur la grossesse, que vous ne parvenez pas à surmonter les changements corporels, que vous avez des tensions dans votre couple etc…
- Si vous ressentez de l’anxiété ou du stress quant à l’arrivée imminente de votre bébé, que vous n’avez pas confiance en vos capacités de mère, que vous avez peur de ne pas aimer votre enfant…
Ce n’est pas non plus parce que le “Blue Monday” est qualifié de jour le plus déprimant de l’année que vous allez forcément l’être. Chaque femme vit sa grossesse différemment. Les modifications varient selon les jours, les semaines voire les mois. Il est donc possible que vous puissiez vivre ce jour comme un autre, de façon positive ou négative.
Le “Blue Monday” a donc été imaginé dans un objectif marketing mais qui s’apparente tout de même à une période de l’année qui peut s’avérer particulièrement difficile. Être enceinte, c’est parfois vivre un “Blue Monday” tous les jours. Mais cela peut aussi signifier ne jamais en ressentir les effets. Dans tous les cas, soyez à l’écoute de votre corps et accordez-vous de la douceur lors de ces moments difficiles. Et si ces signes persistent, n’hésitez pas à consulter un·e professionnel·le de santé.
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