Peut-on continuer à allaiter quand on est malade ?

Rédigé par Pierre Kadlub
Mis à jour le 19 mars 2026
Allaitement
6 minutes

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Si vous allaitez, il est normal que vous vous questionniez sur l’impact possible de l’allaitement sur la santé de votre nourrisson lorsque vous êtes malade. Peut-on poursuivre l’allaitement maternel exclusif en cas de maladie ? Quels sont les effets sur les enfants nourris au sein ?

Peut-on continuer à allaiter quand on est malade ? On fait le point. 

Quels sont les bienfaits de l’allaitement ?

Même lorsqu’il ne dure que quelques semaines, l’allaitement reste bénéfique : le lait maternel est facile à digérer, rapidement assimilé et contient tous les nutriments indispensables au bon développement du nourrisson.

Au tout début de la lactation, votre bébé reçoit le colostrum, un liquide très riche en éléments nutritionnels et en anticorps, produit en petite quantité de lait mais parfaitement adapté à ses besoins.

Lorsqu’il se poursuit au moins trois mois, il aide à protéger votre bébé contre certaines infections, notamment ORL (comme les otites), digestives (gastro-entérites) et respiratoires (bronchiolites). Chez les enfants ayant un terrain allergique familial, un allaitement exclusif d’au moins quatre mois diminue le risque d’allergies et de maladies associées, comme l’eczéma atopique ou l’asthme du nourrisson. Il contribue également à réduire le risque d’obésité plus tard dans l’enfance et à l’adolescence.

La composition du lait maternel évolue naturellement avec le temps afin de répondre aux besoins et à la croissance de votre bébé. Toutefois, il reflète aussi votre état de santé et votre alimentation. Ainsi, certaines substances que vous consommez, comme les médicaments, peuvent passer dans le lait et atteindre votre enfant.

Pour qu’un médicament se retrouve dans le lait maternel, il doit d’abord être présent dans votre plasma sanguin. Si ce n’est pas le cas, il ne passera pas dans le lait. Le nourrisson y est exposé uniquement par ingestion, au moment de la tétée.

Attention : un médicament autorisé pendant la grossesse n’est pas forcément sans danger lors de l’allaitement. À l’inverse, certains médicaments déconseillés pendant la grossesse peuvent être utilisés sans risque particulier durant l’allaitement.

Peut-on continuer à allaiter quand on est malade ? - May App Santé

Peut-on continuer à allaiter si on a une grippe ou une bronchite ?

Les maladies aiguës comme la grippe ou la bronchite ne vous empêchent pas de continuer à allaiter. L’allaitement est même possible en cas de contamination par la Covid-19. Les maladies ou les infections courantes comme la grippe, la bronchite, le rhume, la gastro-entérite ou la diarrhée ne nécessitent pas l’arrêt de l’allaitement. 

Au contraire, l’allaitement maternel est bénéfique pour votre bébé, non seulement parce qu’il apporte tous les nutriments dont votre bébé a besoin pour se développer mais aussi parce qu’il fait office de protection immunitaire.

Mais comment explique-t-on cela ?

Lorsque vous allaitez en étant malade, vous fabriquez des anticorps qui luttent contre la maladie ou l’infection. Ces anticorps sont transmis à votre bébé via le lait maternel. Ce processus aide au développement du système immunitaire de votre bébé. 

Attention, cette transmission d’anticorps ne signifie pas que vous ne pouvez pas contaminer votre nourrisson. De ce fait, nous vous conseillons de bien vous laver les mains avant de donner le sein à votre nouveau-né et d’éviter le contact salivaire en mettant un masque lors de la tétée ou lorsque vous vous occupez de lui. 

L’allaitement n’aggrave pas la maladie, n’hésitez pas à demander un suivi auprès de votre médecin ou de votre pédiatre si vous éprouvez des difficultés à allaiter.

Grâce à l’application May vous avez accès à de nombreux contenus personnalisés en fonction de l’âge de votre enfant et la possibilité de poser toutes vos questions aux professionnels de santé via le tchat 7j/ 7 de 8h à 22h.

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Quelles maladies empêchent la poursuite de l’allaitement ?

Certaines maladies peuvent influencer la poursuite de l’allaitement.  La conduite à tenir peut varier en fonction de leur nature (virus, maladie chronique ou infection) et nécessite parfois des adaptations temporaires ou, plus rarement, un arrêt de l’allaitement.

Peut-on continuer à allaiter quand on est malade ? Le cas des virus

Lorsque vous allaitez et que vous contractez un virus, la conduite à tenir dépendra surtout de la maladie concernée. Vous l’aurez compris, dans la plupart des cas (grippe, gastro-entérite,…), la contraction d’un virus ne nécessite pas l’arrêt de l’allaitement. Mais il existe certains cas spécifiques

À ce jour, seul le virus de la leucémie humaine à lymphocyte de type 1 (HTLV1) empêche la poursuite de l’allaitement de façon totale car il est transmis de la mère à l’enfant via le lait maternel. Ni l’allaitement exclusif, ni l’allaitement mixte ne sont alors possibles pour les femmes atteintes de ce virus.

Les mamans allaitantes séropositives quant à elle, c’est-à-dire atteintes du virus de l’immunodéficience humain (VIH) peuvent continuer à allaiter si elles sont sous traitement antirétroviral. L’OMS promeut même l’allaitement des femmes atteintes du VIH si elles suivent bien leur traitement.

Parfois, l’allaitement doit être interrompu temporairement. C’est notamment le cas lorsque la mère est atteinte du virus Ebola ou Marburg.

Lorsque l’allaitement n’est pas possible temporairement, certains parents peuvent avoir recours au lait artificiel donné au biberon, le temps que la situation médicale se stabilise.

Peut-on continuer à allaiter quand on est malade ? Le cas des maladies chroniques

Dans le cas d’une maladie chronique, il est possible que votre médecin vous prescrive un traitement qui maintient la maladie sous contrôle, sans être dangereux pour votre enfant allaité.

La question de l’allaitement se pose particulièrement pour les femmes atteintes du cancer du sein. L’arrêt de l’allaitement est plus ou moins évitable lorsque les femmes qui allaitent sont atteintes d’un cancer du sein

Au meilleur des cas, la mère peut suspendre l’allaitement pendant une période précise et reprendre l’allaitement exclusif au sein un peu plus tard. Elle doit alors tirer son lait puis le jeter pour continuer à stimuler la lactation. Cependant, la toxicité du traitement anticancéreux pris par ces mères allaitantes rend souvent la poursuite de l’allaitement impossible.

Peut-on continuer à allaiter quand on est malade ? Le cas des infections

Tout comme pour les virus, la conduite à tenir lors de l’allaitement dépend du type d’infection.

Lors d’une infection urinaire, il peut arriver que le·a professionnel·le de santé prescrive un traitement antibiotique incompatible avec l’allaitement. Cela arrive majoritairement lors d’une infection urinaire à germe résistant. Vous ne pouvez alors plus allaiter votre enfant durant une période donnée. 

Si cela venait à vous arriver, il est vivement conseillé de tirer votre lait et de le jeter afin de stimuler la lactation et reprendre tranquillement l’allaitement une fois votre traitement terminé. Nous tenons quand même à vous rassurer car il existe peu d’antibiotiques qui soient réellement contre-indiqués pour les femmes qui allaitent.

Un autre cas de maladie infectieuse : la varicelle. Lorsqu’une maman qui allaite son bébé contracte la varicelle entre 5 jours avant et 2 jours après l’accouchement, il est possible qu’un arrêt temporaire de l’allaitement de 7 à 10 jours lui soit prescrit. Cette décision est propre à chaque maternité car d’autres modes de prises en charge existent.

Bon à savoir : la fièvre n’est pas un symptôme alarmant. Vous n’avez pas nécessairement besoin d’interrompre l’allaitement. Néanmoins, si la raison de cette fièvre reste inexpliquée, votre professionnel·le de santé peut vous conseiller de stopper l’allaitement au sein jusqu’à l’établissement d’un diagnostic. L’entretien de la lactation se fait alors avec un tire-lait.

Peut-on continuer à allaiter quand on est malade ? Le cas des inflammations

Au cours de l’allaitement, il est également possible que vous soyez sujette à une inflammation. C’est notamment le cas de la mastite qui correspond à une inflammation d’une zone du sein et de la glande mammaire. Elle est parfois surnommée « grippe du sein », car les manifestations ressemblent beaucoup à celles d’un état grippal : fièvre, courbatures, fatigue importante et sensation de malaise général. Le sein touché devient chaud, douloureux et présente une rougeur, le plus souvent d’un seul côté.

Il est en revanche tout-à-fait possible d’allaiter durant une mastite ! Il arrive cependant que votre bébé refuse de téter sur le sein concerné car le goût du lait peut devenir plus salé.

Pour soulager la douleur et faire diminuer la fièvre, la prise de paracétamol peut être envisagée.

Si aucune amélioration n’est observée après 24 heures, il est important de consulter rapidement un médecin. Dans certains cas, la mastite nécessite un traitement antibiotique et/ou anti-inflammatoire. La grande majorité de ces médicaments sont compatibles avec l’allaitement.

Le mot de Hélène Maréchal, infirmière puéricultrice :

“Le meilleur remède à la mastite, c’est de passer 24 heures au lit avec votre bébé, en mode tétées à volonté !”

Peut-on continuer à allaiter quand on est malade ? - May App Santé

Quels médicaments sont autorisés pour la mère allaitante ?

Nombreux sont les médicaments autorisés pour les mères qui allaitent. La plupart du temps, ils ne passent pas dans le lait maternel ou en trop faibles quantités pour avoir un impact sur la santé de votre bébé. Toutefois, il reste préférable de ne pas pratiquer l’automédication et de consulter votre médecin afin qu’il·elle juge de l’utilité d’un traitement médicamenteux.

Certains médicaments ont des effets secondaires et peuvent diminuer ou augmenter la production de lait. Dans certains cas, des effets sont aussi remarqués chez le bébé

C’est notamment le cas lors de la prise d’un antihistaminique car il a tendance à provoquer une sédation passagère chez le bébé allaité. Il arrive que les médicaments aient une action à long terme sur le nourrisson. Les tétracyclines en sont un exemple car elles ont un effet toxique sur le développement dentaire du bébé.

Voici quelques exemples d’antalgiques compatibles avec l’allaitement :

  • le paracétamol,
  • l’ibuprofène,
  • le kétoprofène,
  • le flurbiprofène.

L’aspirine passe dans le lait maternel mais elle est ingérée en faible quantité par le nourrisson allaité lorsque la posologie prescrite est respectée.

Toutes les informations concernant une possible contre-indication sont présentes sur la notice des différents médicaments. Vous pouvez également facilement savoir si un médicament est compatible avec l’allaitement sur le site du Centre de Références sur les Agents Tératogènes (CRAT)

Bien que beaucoup de traitements médicamenteux soient disponibles sans ordonnance, nous vous conseillons de consulter votre médecin afin de connaître la bonne posologie de chaque médicament et d’éviter tous risques inutiles. Vous pouvez également prendre des renseignements auprès de votre pédiatre ou d’une consultante en lactation.

Les bienfaits de l’allaitement ne sont plus à démontrer et les cas où l’arrêt de l’allaitement est nécessaire sont rares. Toutefois, rien ne vous oblige à poursuivre l’allaitement, surtout si vous vous sentez trop faible pour le faire.

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Crédits photos : Aleksandra_larosh | s_kawee | lamapacas


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