Phase d’opposition et refus de manger : tout ce qu’il faut savoir

Rédigé par Pierre Kadlub
Mis à jour le 21 novembre 2025
Quotidien bébé
Alimentation bébé
5 minutes

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À partir de 18 mois environ, votre enfant entre dans ce que l’on appelle la “phase d’opposition », pouvant engendrer parfois  un refus de manger certains aliments. Pourquoi votre enfant refuse de manger ? Quelles en sont les conséquences ? Comment gérer ce refus et quand s’inquiéter ? On fait le point.

Comprendre le refus de manger chez l’enfant

Il existe plusieurs raisons pouvant être à l’origine du refus de votre enfant de manger certains aliments. 

Refus de manger : les principales causes 

Voici les 3 principales causes du refus de manger chez l’enfant : 

  • La phase d’opposition : ce que l’on appelle la “phase d’opposition” est en réalité une période d’affirmation. Les repas sont ainsi le moment idéal pour votre enfant de montrer sa capacité à prendre des décisions par lui-même. Il prend conscience qu’il préfère certains aliments par rapport à d’autres et n’hésite donc plus à le faire savoir.
  • La néophobie alimentaire : c’est la peur ou la réticence à goûter de nouveaux aliments. Votre enfant peut ainsi refuser de goûter des légumes, repousser la cuillère ou demander uniquement son biberon ou des purées. Ce comportement, normal et temporaire, traduit un besoin d’explorer les goûts à son rythme.
  • L’aversion alimentaire : il ne s’agit plus seulement de la nouveauté mais d’une sélection très restrictive d’aliments familiers. L’enfant accepte uniquement certains aliments, souvent pour leur goût neutre ou leur texture douce (comme la purée, le yaourt ou les petites quantités de liquides) et refuse catégoriquement d’autres aliments, même s’ils ont déjà été acceptés auparavant. 

Refus de manger : les autres causes possibles

Le fait qu’un enfant refuse de manger soudainement peut avoir de nombreuses origines, qui varient selon l’âge et la situation :

  • la maladie (fièvre, mal de gorge, troubles digestifs),
  • les problèmes bucco-dentaires ou difficultés à avaler,
  • les problèmes sensoriels, gêne face à la texture (rejet des petits morceaux ou des purées trop épaisses),
  • le stress, l’anxiété ou les tensions à table,
  • les changements de rythme ou de contexte (entrée à la crèche, déménagement…),
  • la présence d’écrans.

Bon à savoir : un refus alimentaire ponctuel est souvent sans gravité, surtout si votre enfant continue à prendre du plaisir à manger certains aliments. En revanche, un manque d’appétit persistant ou un rejet global des aliments doivent vous amener à consulter votre pédiatre.

Si vous avez des questions sur le sujet, n’hésitez pas à télécharger l’application May. Une équipe d’infirmières puéricultrices et de pédiatres vous répond 7j/ 7 de 8h à 22h.

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Refus de manger : les conséquences sur la santé

Le refus de manger certains aliments sur une durée prolongée expose avant tout à des carences nutritionnelles, surtout chez les enfants en pleine croissance.

Les risques de carences et de dénutrition

Lorsque l’appétit s’amenuise et que l’assiette reste pleine, le corps reçoit moins de nutriments essentiels : protéines, vitamines, minéraux, fibres… Ce manque peut affecter le développement physique et le bien-être général de votre enfant.

Quels sont les risques principaux ?  

  • Un retard de croissance : un apport insuffisant en énergie et en protéines peut freiner la prise de poids et de taille, particulièrement chez le jeune enfant.
  • Une faiblesse musculaire et de la fatigue : le corps, privé de carburant, s’épuise plus vite. Votre enfant peut paraître plus fatigué, manquer de tonus ou être moins enclin à jouer.
  • Une baisse de l’immunité : un régime mal diversifié réduit la résistance aux infections.
  • Des troubles digestifs : le manque de fibres, souvent lié au refus alimentaire de légumes, peut entraîner de la constipation ou de l’inconfort.

Les effets psychologiques et sociaux

Le refus de manger n’impacte pas seulement la santé physique : il peut également influencer le bien-être émotionnel de votre enfant. S’il refuse régulièrement la nourriture, voici ce qu’il peut ressentir :

  • Du stress ou de l’anxiété à table : les repas deviennent source de tension, surtout si votre enfant se sent forcé ou observé à chaque bouchée.  
  • Une perte de plaisir alimentaire : à force d’associer le moment du repas à la contrainte ou au conflit, votre enfant risque de bouder chaque repas et de perdre la curiosité pour les nouveaux aliments.
  • Un isolement social : les repas sont des moments de partage et de convivialité. Un refus alimentaire répété peut priver l’enfant de ces instants précieux.

Il est également possible que votre enfant, sentant la pression, accentue son refus de manger pour chercher votre attention ou affirmer son autonomie.

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Refus de manger : prévenir et accompagner 

Il existe de nombreux moyens simples et bienveillants pour faire face à ce refus de manger. Voici des conseils pratiques pour accompagner votre enfant dans la découverte des aliments, stimuler son appétit et rendre l’instant du repas plus serein.

Comment encourager la découverte alimentaire ?

Face à son refus de manger certains aliments, privilégiez la diversification alimentaire progressive et ludique :

  • Proposer de tout, tout le temps : varier les aliments à chaque repas. Ne pas hésiter à représenter un nouvel aliment plusieurs fois. Parfois, plus de 10 tentatives sont nécessaires avant qu’il accepte de goûter.
  • Ne jamais forcer, ni négocier : ne pas le contraindre à finir son assiette, à avaler une cuillère ou à goûter un plat. Félicitez-le simplement lorsqu’il essaie.
  • Éviter le chantage alimentaire : « si tu ne finis pas tes légumes tu seras privé.e de dessert. » Le chantage ou les punitions risquent de renforcer le rejet et d’intensifier les conflits.
  • Encourager l’exploration sensorielle : l’inciter à toucher, sentir, regarder ou même jouer avec les aliments. Faire de son assiette un espace de découverte rend le repas attractif.
  • Impliquer votre enfant : le faire participer aux courses, au choix du menu, à la préparation ou au service. Il sera plus enclin à goûter ce qu’il a aidé à préparer.
  • Prévoir un aliment “refuge” : Ajouter dans le menu un élément qu’il aime lui donner envie de goûter le reste.
  • Présenter différemment les aliments : transformer les légumes en bâtonnets, en croquettes ou en quiche, sans les masquer, pour les rendre plus attrayants.
  • Respecter l’appétit : le laisser se servir selon sa faim, en petites quantités, et lui proposer des collations ou un goûter sain si besoin.

Le rôle de l’environnement familial

L’environnement familial joue un rôle important dans le rapport à l’alimentation de votre enfant. Voici quelques actions, faciles à mettre en place pour l’accompagner dans sa découverte des aliments :  :

  • Partager les repas en famille : manger ensemble autant que possible, sans écrans ni distractions. Le moment du repas doit être convivial, propice à l’échange et à l’attention mutuelle.
  • Montrer l’exemple : les enfants imitent naturellement les habitudes alimentaires de leurs parents. Manger vous-même de tout encourage votre enfant à faire de même.
  • Écouter et dialoguer : vous intéresser à la journée de votre enfant pendant le repas entraîne un climat de partage et d’échange très rassurants pour votre enfant.
  • Faire confiance à l’enfant : respecter son appétit et ses signaux de faim ou de satiété.

Chez l’enfant, le refus de manger peut s’exprimer par le rejet de la cuillère, le refus d’avaler de la purée ou des petits morceaux, ou encore la préférence exclusive pour le biberon. Si cette situation dure plus de 15 jours ou s’accompagne d’une perte d’appétit persistante, il est conseillé de consulter votre pédiatre pour éviter les carences.

Il est toutefois important de rappeler que l’équilibre nutritionnel de votre enfant se fait sur une semaine et non sur un repas. Si son refus est ponctuel, votre enfant rattrapera rapidement cet apport nutritionnel lors des prochains repas. Il peut donc arriver que votre enfant mange moins lors d’un repas, sans que cela ne doive vous inquiéter.

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Refus de manger : quand  consulter un·e professionnel·le de santé ?

Lorsque la situation persiste, il peut être intéressant de consulter. La prise en charge du refus alimentaire doit être bienveillante et adaptée à la situation de votre enfant, il est possible d’établir :

  • Un bilan médical : le·a professionnel·le commence par un examen clinique, une évaluation de la courbe de poids et de taille et une analyse des habitudes alimentaires (types d’aliments, quantités, fréquence des collations, contexte des repas) afin de s’assurer qu’il n’existe pas de cause organique (problèmes digestifs, difficultés à avaler, etc.).
  • Un suivi nutritionnel : un·e diététicien·ne ou un·e médecin peut proposer des conseils personnalisés pour adapter la diversification alimentaire.
  • Un suivi orthophonique : un.e orthophoniste peut aider à faire le point sur l’oralité de votre enfant et accompagner son acceptation des morceaux par exemple.
  • Un soutien psychologique : si le refus de manger s’accompagne d’une grande anxiété et de conflits répétés autour de l’assiette, un accompagnement psychologique peut vous être proposé. Cela peut aider à dénouer les tensions familiales, à restaurer le plaisir du repas et à travailler sur la relation à l’aliment.

En résumé, face au refus de manger, il est essentiel d’observer attentivement les signaux de votre enfant afin de différencier un simple manque d’appétit d’un véritable problème d’alimentation. Un accompagnement bienveillant, respectant l’appétit de votre enfant permet souvent de restaurer le plaisir de chaque repas et de prévenir les carences nutritionnelles.

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Crédits photos : Vladdeep | kryzhov | Simol1407


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