Épisiotomie : que faire en cas de suture qui lâche ?

Rédigé par Pierre Kadlub
Mis à jour le 22 janvier 2026
Douleurs post-partum
5 minutes

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L’épisiotomie fait partie des suites possibles d’un accouchement par voie basse. Si, dans la majorité des cas, la cicatrisation se déroule sans difficulté, certaines femmes peuvent être confrontées à des douleurs, une gêne prolongée ou à l’impression que les points « lâchent ». Qu’est-ce qu’une épisiotomie ? Quels sont les signes pour reconnaître un point de suture qui lâche et quand consulter ?

Épisiotomie : que faire en cas de suture qui lâche ? On fait le point.

Qu’est-ce qu’une épisiotomie ?

L’épisiotomie est une intervention chirurgicale pouvant être réalisée lors de l’accouchement par voie basse, notamment lorsque le passage du bébé s’avère difficile ou en cas d’urgence pour accélérer la naissance. Elle consiste à réaliser une petite incision sur la partie inférieure de la vulve, entre le vagin et l’anus, au niveau du périnée. Ce geste, effectué par une sage-femme ou un gynécologue, vise à faciliter la sortie du bébé et n’est pratiqué qu’en cas de réel besoin.

Bon à savoir : en 2000, près d’une femme sur deux subissait une épisiotomie. Heureusement, cette pratique a fortement reculé pour ne concerner plus que 8,3 % des accouchements en 2021. Certains établissements affichent désormais des taux inférieurs à 1 %.

Après l’épisiotomie, la zone incisée est soigneusement refermée à l’aide de sutures résorbables. Ces points, qui tombent d’eux-mêmes en deux à trois semaines, sont posés en plusieurs couches : d’abord la muqueuse du vagin, puis les muscles du périnée et enfin la peau.

Il est également possible d’avoir des points de suture au périnée dans le cadre d’une déchirure naturelle et sans avoir eu recours à l’épisiotomie. 

La cicatrisation varie d’une femme à l’autre. Certaines retrouvent rapidement leur confort, tandis que d’autres peuvent rencontrer des difficultés ou des douleurs persistantes pendant un certain temps. Dans tous les cas une douleur persistante doit amener à consulter, des solutions existent pour soulager et/ou travailler le périnée en conséquence (notamment lors de la rééducation du périnée). 

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Épisiotomie : dans quels cas la suture peut-elle lâcher ? 

Il peut arriver parfois que la suture d’épisiotomie ne tienne pas, un phénomène appelé déhiscence. Plusieurs facteurs peuvent expliquer qu’une suture puisse lâcher :

  • Une tension mécanique excessive : les efforts lors des premiers jours (vous lever, vous asseoir, porter votre bébé) peuvent solliciter la zone du périnée et entraîner la rupture des points.
  • Une infection locale : une infection au niveau de la cicatrice peut ralentir la cicatrisation et fragiliser les points de suture, favorisant leur fragilisation.
  • Une mauvaise cicatrisation : certaines conditions médicales comme le diabète, des troubles de la coagulation ou une faible vascularisation du périnée peuvent retarder la cicatrisation.
  • Des soins d’hygiène insuffisants : un manque de soins locaux ou l’utilisation de protections inadaptées (serviettes irritantes, humidité prolongée) augmentent le risque de macération et de déhiscence.

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Episiotomie : les signes pour reconnaître une suture qui lâche

Repérer rapidement une déhiscence permet d’agir vite et de limiter les complications. Voici les principaux symptômes physiques et changements au niveau de la cicatrice à surveiller.

Certains signes physiques doivent attirer votre attention, notamment :

  • Des douleurs persistantes ou inhabituelles : une gêne qui augmente, une douleur qui réapparait après avoir disparu, des douleurs vives ou lancinantes dans la zone du périnée, du vagin ou de la vulve, surtout après les premiers jours du post-partum.
  • Des saignements anormaux : des saignements rouges vifs, abondants ou qui reprennent après avoir diminué peuvent indiquer un problème au niveau de la suture.
  • Des écoulements inhabituels : un écoulement jaune, verdâtre, purulent ou malodorant peut signaler une infection ou des points qui lâchent. L’apparition d’une odeur suspecte au niveau de la zone opérée doit toujours alerter.
  • Une sensation de brûlure ou de chaleur : une augmentation de la chaleur locale, surtout si elle est associée à une rougeur ou à un gonflement, peut être le signe d’une inflammation ou d’une infection.
  • Un inconfort urinaire : des difficultés à uriner, des brûlures ou des fuites urinaires inhabituelles peuvent aussi accompagner une déhiscence, car la zone du périnée et de la vessie est fragilisée.
  • Un gonflement ou une induration : un gonflement anormal ou une boule dure (induration) peuvent révéler un problème de cicatrisation ou une infection.
  • Une modification de l’aspect de la peau : une peau qui semble fragile, déchirée ou qui présente des zones de nécrose (noircies) nécessite une évaluation médicale.

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Épisiotomie : que faire en cas de suture qui lâche ?

Voici comment prendre soin de votre périnée et reconnaître les signes qui doivent vous amener à consulter rapidement.

Épisiotomie et suture qui lâche : quand consulter un·e professionnel·le de santé ?

Certaines situations imposent de consulter rapidement un·e sage-femme, un·e gynécologue ou de se rendre aux urgences de la maternité :

  • Une ouverture franche de la cicatrice : si les points ont lâché et que la plaie s’ouvre, laissant apparaître les tissus sous-jacents du vagin ou du périnée.
  • Des douleurs intenses ou persistantes : si la douleur ne s’améliore pas malgré les mesures de confort, ou s’aggrave brutalement.
  • Des saignements abondants : tout saignement anormal doit être signalé sans délai.
  • Un suintement purulent ou une odeur suspecte : un écoulement jaunâtre, verdâtre ou malodorant peut indiquer une infection nécessitant un traitement rapide.
  • Une fièvre supérieure à 38,5°C : la fièvre associée à d’autres symptômes locaux oriente vers une infection.
  • Des troubles urinaires ou de l’incontinence : des difficultés à uriner, des brûlures, ou des fuites urinaires inhabituelles peuvent révéler une atteinte plus profonde.

Dans tous les cas, s’il y a un symptôme gênant ou inhabituel n’hésitez pas à en parler lors du passage de votre sage-femme à domicile, elle regardera votre cicatrice. Ou bien à prendre rendez-vous dans son cabinet. 

Épisiotomie et suture qui lâche : la prise en charge médicale

Selon l’importance de l’ouverture de la suture, la prise en charge sera adaptée :

En cas de petite déhiscence, sans infection et sans douleur importante : le·a professionnel·le de santé peut préférer une approche non chirurgicale. On laisse la plaie cicatriser « à l’air libre », en veillant à une hygiène irréprochable et à des soins locaux. Des pansements spécifiques peuvent être proposés en cas de suintement.  

En cas de déhiscence plus large ou profonde : une ré-intervention chirurgicale peut être nécessaire, généralement sous anesthésie locale. Le·a sage-femme ou le·a gynécologue va alors refaire la suture, après avoir soigneusement nettoyé la zone.

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Prévention et conseils pour la cicatrisation de l’épisiotomie 

Pour éviter la déhiscence des points de suture et optimiser la réparation du périnée, il existe des gestes simples à adopter au quotidien.

Les soins à réaliser 

  • Nettoyer la zone du périnée, du vagin et de la vulve à l’eau tiède après chaque passage aux toilettes et une fois par jour avec du savon : privilégiez un savon neutre, puis séchez en tamponnant doucement, sans frotter.
  • Changer régulièrement vos protections hygiéniques : préférez des serviettes douces, sans voile micro-aéré ni substances irritantes, pour garder la cicatrice au sec et limiter la macération.
  • Éviter les vêtements serrés : choisissez des sous-vêtements en coton et, si possible, laissez la zone respirer à l’air libre autant que possible.

L’accompagnement professionnel

  • Faire surveiller votre cicatrice par une sage-femme à domicile, surtout lors de la première semaine de post-partum : elle pourra repérer rapidement tout signe d’infection, de déhiscence ou de mauvaise cicatrisation. 

Bon à savoir : dans les jours qui suivent l’accouchement, les sages-femmes peuvent se déplacer à votre domicile. Ces consultations sont entièrement couvertes par l’Assurance Maladie pendant les douze premiers jours, puis prises en charge par les complémentaires santé par la suite. Elles permettent ainsi d’assurer un accompagnement personnalisé et continu.

Ces consultations peuvent également vous servir d’accompagnement psychologique. N’hésitez pas à parler de vos ressentis ou de vos douleurs.

Les gestes facilitant la cicatrisation

  • Limiter les efforts physiques : évitez de porter des charges lourdes, de rester debout trop longtemps ou de solliciter excessivement votre périnée.
  • Vous reposer dès que possible : en adoptant des positions qui ne compriment pas la zone.
  • Demander des conseils pour la gestion de la douleur : les professionnel·le·s peuvent vous proposer des antalgiques adaptés si besoin.

L’automassage et la rééducation

  • Dès la fermeture complète de la plaie (généralement 2 à 3 semaines après l’accouchement) et avec l’accord de votre professionnel·le de santé, vous pouvez débuter un automassage doux du périnée. Ce geste, réalisé avec une huile adaptée, permet de retrouver de la souplesse et de diminuer l’appréhension lors de la reprise des rapports ou des séances de rééducation.
  • Ne pas pratiquer le massage si la cicatrice est douloureuse : attendez toujours le feu vert de votre professionnel·le de santé.

En résumé, une bonne cicatrisation après une épisiotomie repose sur des gestes d’hygiène adaptés, une surveillance attentive de votre périnée, ainsi qu’un accompagnement régulier par une sage-femme ou un gynécologue. Une suture qui lâche lorsque la cicatrisation est pratiquement terminée n’est pas forcément dangereuse. Aussi, même si elle lâche tôt, les suites sont parfois simples, mais cela nécessite toutefois une observance particulière par un·e professionnel·le de santé. En revanche, il est important de consulter rapidement en cas de complications ou symptômes gênants.

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Crédits photos : YuriArcursPeopleimages | micens | halfpoint | Dimaberlin | zelmab


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