
Votre enfant refuse soudainement de s’endormir, repousse le coucher ou multiplie les réveils nocturnes ? Rassurez-vous, la “phase d’opposition” est une étape normale et temporaire, qui se manifeste chez de nombreux enfants. Pourquoi ? Comment réagir ? Quel impact sur le sommeil ?
Phase d’opposition et sommeil : faisons le point.
Comprendre la phase d’opposition et son impact sur le sommeil
La phase d’opposition est une étape normale du développement de votre enfant, qui bien que parfois difficile à gérer, ne doit pas vous inquiéter. Mais de quoi parle-t-on exactement ?
Les caractéristiques de la phase d’opposition
La phase d’opposition, que l’on appelle aujourd’hui plus volontiers phase d’affirmation, se manifeste généralement entre 18 mois et 3 ans. C’est une étape clef du développement durant laquelle votre enfant affirme sa personnalité, son autonomie et tend à employer autant que possible le « non » ! Cette période, souvent redoutée des parents, est pourtant essentielle : votre enfant découvre qu’il existe en tant qu’individu à part entière, avec ses propres désirs et limites.
Voici les comportements typiques observés pendant cette phase d’opposition / phase d’affirmation :
- Refus des consignes (« non », « je veux pas »).
- Négociation ou “marchandage” pour retarder certains moments (notamment le coucher).
- Besoin d’autonomie : votre enfant veut choisir, décider, faire seul.
- Recherche de limites auprès de ses figures d’attachement (parents, proches).
En quoi le sommeil peut-il être affecté ?
Il est fréquent que cette phase d’opposition ait une influence directe sur le sommeil de votre enfant, en particulier au moment du coucher : on parle alors de “refus du coucher”. Cette résistance s’explique par l’envie de rester avec vous et par le besoin de contrôler son environnement immédiat. Or, plus votre enfant retarde l’heure du coucher et moins il bénéficie des avantages d’une longue nuit de repos. Cette phase peut également rendre le moment du coucher plus conflictuel, ce qui peut aussi impacter le sommeil de votre enfant avec parfois plus de réveils nocturnes par exemple.
Les signes d’opposition au moment du coucher
La phase d’opposition se manifeste souvent de façon très concrète au moment du coucher ou de la sieste. Voici les situations les plus courantes.
Refus d’aller au lit et stratégies d’évitement
Durant la phase d’opposition, il est fréquent d’observer un refus catégorique d’aller au lit. Votre enfant, qui jusque-là s’endormait peut-être sans difficultés majeures, commence à repousser le moment du coucher par tous les moyens. Ce comportement fait partie intégrante de son développement : il affirme son autonomie et teste les limites. Pour se faire, votre enfant peut adopter différentes stratégies.
- Négociations sans fin : “encore une histoire”, “encore un bisou”, “je veux boire de l’eau”, “j’ai envie de faire pipi”. Ces demandes répétées sont des stratégies d’évitement qui repoussent le moment de s’endormir.
- Refus verbal : Le “non !” devient omniprésent, parfois accompagné de protestations ou de pleurs dès qu’il s’agit d’aller au lit.
- Jeux ou agitation : votre enfant trouve subitement mille occupations pour retarder le coucher (il joue, se relève, vous sollicite ou fait mine de ne pas être fatigué).
Changements dans les habitudes de sommeil
En plus de la résistance au moment du coucher, la phase d’opposition peut entraîner des changements notables dans les habitudes de sommeil de votre enfant, ce qui peut venir impacter son quotidien (et le vôtre d’ailleurs).
Signes observés |
Impact sur le sommeil |
Allongement du temps d’endormissement |
Il met plus de temps à s’endormir, ce qui peut perturber l’entrée dans le sommeil et augmenter sa fatigue. |
Réveils nocturnes |
Des réveils ou micro-éveils qui n’étaient plus présents réapparaissent, parfois plusieurs fois par nuit. |
Régressions du sommeil |
Retour de troubles du sommeil (difficultés à se rendormir, refus de la sieste, anxiété au coucher). |
Manque de sommeil et somnolence |
Votre enfant montre des signes de manque de sommeil en journée : irritabilité, somnolence, difficultés de concentration. |
Insomnie passagère |
Difficultés à retrouver le sommeil après un réveil, perturbant la succession des cycles de sommeil et la récupération. |
Dans cette période, le temps de sommeil global de votre enfant peut donc diminuer, impactant la qualité de chaque phase de sommeil (lent, paradoxal), la récupération physique et émotionnelle de la journée et même le bien-être familial global (si les couchers sont très difficiles ou les réveils nocturnes nombreux par exemple). Néanmoins rassurez-vous, comme nous le disions plus haut, il s’agit souvent d’une phase transitoire.
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Conseils pratiques pour accompagner l’enfant durant la phase d’opposition
La phase d’opposition peut transformer le moment du coucher en véritable parcours du combattant, avec des refus, des négociations interminables ou des demandes répétées. Voici quelques conseils pour faciliter l’endormissement de votre enfant durant cette phase d’affirmation.
Mettre en place un rituel de coucher apaisant
Un rituel de coucher adapté et répété régulièrement est un repère très rassurant pour votre enfant. Il aide à marquer la transition entre l’éveil et le sommeil tout en lui permettant d’anticiper la fin de journée.
Lors de ce rituel, vous pouvez par exemple :
- lire une histoire,
- chanter une berceuse ou écouter une musique calme,
- faire un câlin,
- échanger sur la journée ou exprimer ensemble trois choses positives vécues.
Quelques astuces pour un rituel efficace :
- La constance : répétez le rituel chaque soir, dans le même ordre, pour faciliter l’anticipation et l’acceptation du coucher.
- La simplicité : adaptez le nombre d’étapes à l’âge de votre enfant pour ne pas allonger inutilement le rituel et risquer de perturber son cycle de sommeil.
- Les supports visuels : utilisez un tableau ou des vignettes illustrant chaque étape du rituel, accrochés à hauteur de votre enfant. Cela encourage son autonomie et l’aide à se repérer. Psst, sur May, nous vous proposons des cartes de routine prêtes à l’emploi pour vous inspirer 😉
- Respecter l’autonomie sans céder sur l’essentiel : laissez votre enfant choisir certains éléments du rituel (le livre, la peluche, la chanson), mais gardez le contrôle sur la durée et le déroulé. Cela nourrit son besoin d’autonomie, tout en préservant la qualité du temps de sommeil.
Lui laisser le choix
Pendant la phase d’opposition, offrir de petits choix à votre enfant est une astuce précieuse pour limiter les conflits, aussi bien en journée qu’au moment du coucher. Par exemple, vous pouvez le laisser choisir entre deux paires de chaussures pour sortir ou entre deux pyjamas pour aller se coucher. Ces petits choix lui permettent de se sentir écouté et respecté dans son autonomie, ce qui diminue son besoin de s’opposer systématiquement, tout en vous permettant d’atteindre l’objectif visé (qu’il porte des chaussures/un pyjama).
N’hésitez pas à encourager votre enfant (“Bravo, tu as choisi ton livre tout seul !”), cela contribue à renforcer sa confiance en lui.
Phase d’opposition au sommeil : quand consulter ?
Nous l’avons vu, il est assez courant que la phase d’opposition s’accompagne de perturbations du sommeil de votre enfant.
Cependant, certains situations doivent vous encourager à consulter :
- Des troubles du sommeil persistants : si votre enfant rencontre des difficultés à s’endormir ou à rester endormi sur plusieurs semaines, malgré la mise en place de routines et de rituels adaptés, il peut s’agir d’un trouble du cycle de sommeil nécessitant une évaluation.
- Des réveils nocturnes fréquents et prolongés : lorsque les réveils deviennent nombreux chaque nuit, qu’ils durent longtemps ou qu’ils perturbent significativement le temps de sommeil de votre enfant, il est préférable de demander conseil.
- Un manque de sommeil important : si vous constatez que votre enfant est constamment fatigué, irritable, présente une somnolence diurne ou des troubles de l’attention, cela peut traduire un manque de sommeil chronique qui doit être pris en charge.
- Une insomnie ou un refus total de s’endormir : une impossibilité à s’endormir le soir, des crises majeures au coucher ou des insomnies régulières peuvent signaler un trouble du sommeil nécessitant un avis professionnel.
- Un arrêt brutal ou refus de la sieste chez un enfant qui en a encore besoin.
- Des réveils précoces (avant 6h du matin de façon répétée), ou réveils nocturnes inexpliqués malgré un environnement adapté.
- La régularité des troubles : si les problèmes de sommeil persistent tous les soirs, toutes les nuits ou s’aggravent avec le temps, il est important de consulter.
N’oubliez pas : il est préférable de consulter tôt que de laisser s’installer un manque de sommeil ou des difficultés qui pourraient perturber durablement les cycles de sommeil, l’endormissement et le bien-être de votre enfant. Un accompagnement adapté permet souvent de retrouver rapidement des nuits plus sereines pour toute la famille.
La phase d’opposition, que l’on appelle aujourd’hui plutôt “phase d’affirmation”, est une période normale et transitoire du développement de votre enfant. Néanmoins, elle peut avoir un impact significatif sur son sommeil. Essayez de mettre en place une routine stable et de soutenir le besoin d’autonomie de votre enfant en le laissant faire des choix (même petits). Si les troubles du sommeil perdurent, s’aggravent ou vous inquiètent, n’hésitez pas à consulter.
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