Pendant la grossesse, de nombreuses hormones sont sécrétées pour accompagner son bon déroulement. Mais après l’accouchement, l’équilibre hormonal est de nouveau bouleversé avec notamment, la chute hormonale.
Alors, quel est l’impact des hormones de grossesse sur le post-partum ? Quels sont les effets de cette chute hormonale et combien de temps faut-il au corps pour retrouver un nouvel équilibre ? On fait le point.
Quelles sont les principales hormones de la grossesse et du post-partum ?
Pendant la grossesse, votre corps connaît de nombreux bouleversements et les hormones n’y sont pas pour rien ! Elles évoluent au fil des mois et jouent chacune un rôle bien précis dans le bon déroulement de votre grossesse. Voici les 5 principales hormones de la grossesse et du post-partum.
- L’hormone Chorionique Gonadotrope (les fameux beta-hCG) : cette hormone sécrétée par le placenta ne se retrouve chez la femme que dans le cas d’une grossesse. Ce sont les beta-hCG que l’on dose à l’aide d’un test urinaire ou sanguin pour diagnostiquer une grossesse ! Concrètement, ils servent à la production des hormones sexuelles et commandent la sécrétion de deux autres hormones très importantes : la progestérone et les oestrogènes.
- La progestérone : sécrétée par les ovaires via le corps jaune puis par le placenta, elle stimule la croissance de l’endomètre (la muqueuse de l’utérus) pour favoriser l’implantation et aider le placenta à s’établir. Sa production augmente progressivement au cours de la grossesse.
- Les oestrogènes : le processus de sécrétion est le même que pour la progestérone. La concentration des oestrogènes augmente fortement en début de grossesse pour atteindre un taux très élevé. Seins tendus, intolérance aux odeurs, nausées, libido : ce sont les oestrogènes qui vous donnent les signaux d’un début de grossesse. Les oestrogènes maintiennent l’épaississement de l’endomètre pour favoriser l’implantation et participent au développement du placenta et des organes foetaux.
- La prolactine : c’est l’hormone principale nécessaire à la production du lait maternel. Elle est sécrétée pendant la grossesse et contribue au développement de la glande mammaire pour la préparer à la production du lait. Cette production est bloquée pendant la grossesse, grâce à la progestérone et les oestrogènes qui bloquent l’action complète de la prolactine sur la sécrétion de lait. C’est leur chute brutale après l’accouchement qui permet la montée de lait quelques jours plus tard.
- L’ocytocine : l’hormone du plaisir, de l’amour, de l’attachement et des contractions ! Sa production augmente fortement en fin de grossesse. L’ocytocine agit de pair avec les prostaglandines lors du travail. Après l’accouchement, un pic d’ocytocine permet le décollement du placenta.
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Que deviennent les hormones après l’accouchement ?
Après l’accouchement, nouveau chamboulement hormonal ! Avec l’expulsion du placenta, les taux de certaines hormones qui avaient fortement augmenté pendant la grossesse, notamment les œstrogènes et la progestérone, diminuent rapidement.
Chaque hormone évolue ensuite à son propre rythme :
- Les œstrogènes et la progestérone : ces hormones chutent rapidement après l’accouchement. Leur diminution participe aux nombreux changements physiques et émotionnels du post-partum.
- L’hormone hCG : produite en grande partie par le placenta pendant la grossesse, elle diminue progressivement jusqu’à devenir indétectable.
- La prolactine : reste particulièrement importante en cas d’allaitement : stimulée par les tétées, elle permet la production de lait maternel.
- L’ocytocine : elle aussi continue de jouer plusieurs rôles. Elle favorise les contractions de l’utérus après la naissance et, en cas d’allaitement, intervient dans le réflexe d’éjection du lait.
On parle souvent de chute hormonale après l’accouchement, mais toutes les hormones ne chutent donc pas de la même manière ! Leur évolution dépend de l’hormone concernée, du temps écoulé depuis la naissance mais aussi, notamment, de l’allaitement.
Ces changements hormonaux font partie des nombreux bouleversements du post-partum et peuvent participer à certains symptômes ressentis après la naissance.

Combien de temps après l’accouchement intervient la chute d’hormones ?
La chute d’hormones survient quelques heures après l’accouchement et l’expulsion du placenta. Entre le 2ᵉ et le 5ᵉ jour : cette chute est souvent à son maximum sur le plan des symptômes. Le plus souvent, vous ressentez très vite les effets de la chute d’hormones à cause, notamment, des vos émotions chamboulées et d’une grande fatigue. C’est pendant cette période que survient fréquemment le baby blues (les 15 premiers jours en général, au delà on ne parle plus de baby blues et il ne faut pas hésiter à en parler à un professionnel de santé)

Quels sont les symptômes de la chute hormonale après l’accouchement ?
Après l’accouchement, la chute rapide des hormones, notamment des œstrogènes et de la progestérone, s’accompagne de nombreux changements dans l’organisme. Ces bouleversements hormonaux peuvent participer à certains symptômes ressentis pendant le post-partum.
Parmi eux, on peut notamment retrouver :
- Des variations de votre humeur : émotivité, irritabilité, envie de pleurer… Ces manifestations sont notamment fréquentes lors du baby blues, qui apparaît généralement dans les premiers jours suivant l’accouchement.
- Une sécheresse vaginale : la baisse des œstrogènes peut entraîner une sécheresse des muqueuses. Elle peut être plus marquée et durer plus longtemps en cas d’allaitement.
- Des changements au niveau des cheveux : quelques mois après l’accouchement, il est fréquent de constater une chute de cheveux plus importante. On parle d’effluvium télogène post-partum.
- Des bouffées de chaleur et sueurs nocturnes : liés à l’hypoestrogénie.
Chaque post-partum est différent, certaines femmes ressentent fortement ces changements, tandis que d’autres beaucoup moins.

Allaitement : quel impact sur les hormones du post-partum ?
L’allaitement influence lui aussi l’équilibre hormonal après l’accouchement. Lors des tétées, la succion de votre bébé stimule notamment la sécrétion de deux hormones : la prolactine, qui participe à la production du lait maternel et l’ocytocine, qui permet son éjection.
La prolactine contribue également à freiner temporairement l’activité ovarienne, ce qui peut retarder le retour de l’ovulation et des règles. Ce délai varie cependant beaucoup d’une femme à l’autre : allaiter ne signifie donc pas forcément ne pas ovuler.
En parallèle, les taux d’œstrogènes peuvent rester plus bas pendant l’allaitement. Cela peut notamment favoriser une sécheresse vaginale, des bouffées de chaleur, et parfois participer à une baisse de la libido. Là encore, les hormones ne sont pas seules en cause : fatigue, sommeil, récupération après l’accouchement et vécu émotionnel jouent aussi leur rôle.
L’équilibre hormonal du post-partum peut donc évoluer différemment selon si vous allaitez ou non, et selon la fréquence des tétées.

Quel est le lien entre hormones, baby blues et dépression post-partum ?
Après l’accouchement, il est possible que la chute du taux d’hormones provoque un tourbillon d’émotions, un mélange de joie, de fatigue, de stress, de bonheur, de tout quoi ! Ce tourbillon d’émotions peut avoir un impact sur votre état psychologique et vous fragiliser. Cet épisode est communément appelé : le baby blues.
Ses manifestations peuvent varier d’une personne à l’autre. Vous pouvez notamment ressentir une plus grande émotivité, avoir envie de pleurer sans vraiment savoir pourquoi, être irritable ou anxieuse, connaître des changements d’humeur ou encore avoir des difficultés à dormir.
Pendant cette période, essayez autant que possible de vous reposer et n’hésitez pas à parler de ce que vous ressentez au coparent ou à vos proches. Leur soutien peut être précieux durant ces premiers jours avec votre bébé.
Le baby blues est à bien différencier de la dépression du post-partum (DPP). Plus durable et plus intense, celle-ci peut apparaître dans les semaines ou les mois qui suivent l’accouchement. Elle peut notamment se manifester par une profonde tristesse, une perte d’intérêt ou de plaisir, une anxiété importante, des troubles du sommeil, une grande fatigue, un sentiment de culpabilité ou de dévalorisation, ou encore des difficultés à se concentrer.
À l’inverse, le baby blues est un épisode transitoire qui disparaît généralement spontanément en moins de deux semaines. Si vos symptômes persistent au-delà de cette période, s’intensifient ou apparaissent plus tard, parlez-en rapidement à un·e professionnel·le de santé.
Bon à savoir : les changements hormonaux peuvent faire partie des facteurs impliqués dans la dépression du post-partum, mais ils n’en sont pas l’unique cause. De nombreux facteurs psychologiques, sociaux et liés à la grossesse ou à l’accouchement peuvent également entrer en jeu.
Dans tous les cas, ne restez pas seule avec ce que vous ressentez. N’hésitez pas à en parler à vos proches et à consulter un·e professionnel·le de santé dès que vous en ressentez le besoin.

En résumé, après l’accouchement, votre corps traverse une nouvelle période de grands bouleversements, et les hormones y jouent un rôle important. Chute des œstrogènes et de la progestérone, prolactine, ocytocine : vous vivez la fameuse chute hormonale. Chaque corps retrouve son équilibre à son propre rythme, alors accordez-vous du temps et beaucoup de douceur. Et surtout, n’hésitez pas à demander de l’aide et du soutien, auprès de vos proches et de vos professionnels de santé.
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